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Hanche

L'arthrose de la hanche (coxarthrose)

Ce qu'il faut savoir — prothèse totale de hanche

Vous souffrez de douleurs autour de la hanche depuis plusieurs mois, voire plusieurs années? Votre médecin ou rhumatologue vous a peut-être déjà parlé d'une arthrose de la hanche, aussi appelée coxarthrose. Cette page a pour but de vous expliquer, de façon claire et détaillée, en quoi consiste cette pathologie, comment la traiter, le déroulement d'une intervention et à quoi vous attendre pendant la convalescence.

Coupe frontale d'une hanche atteinte d'arthrose montrant le pincement de l'interligne articulaire, l'amincissement du cartilage, des zones d'os sous-chondral exposé et des ostéophytes autour de l'articulation.
L'essentiel

En bref

Ce que c'estUne usure progressive et irréversible du cartilage de la hanche, qui s'aggrave au fil des années à un rythme variable selon les personnes.
Les signesDouleur à l'aine irradiant vers la cuisse, la fesse ou le genou, raideur pour se chausser ou monter les escaliers.
Les solutionsTraitement médical d'abord ; prothèse totale de hanche lorsque la douleur et la gêne persistent malgré un traitement bien conduit.
Comprendre

Qu'est-ce que l'arthrose de la hanche ?

La hanche est une énarthrose : la tête du fémur, sphérique, s'articule dans le cotyle (ou acétabulum), la partie concave du bassin. Ces deux surfaces sont recouvertes de cartilage, un revêtement lisse qui permet aux os de glisser l'un contre l'autre presque sans frottement. L'arthrose correspond à une usure progressive et irréversible de ce cartilage ; à un stade avancé, ce sont les surfaces osseuses elles-mêmes qui frottent l'une contre l'autre, ce qui génère la douleur. Cette usure s'aggrave au fil des années, à un rythme qui varie beaucoup d'une personne à l'autre.

Dans la majorité des cas, l'arthrose de la hanche est liée au vieillissement naturel du cartilage. Elle peut cependant être favorisée par une déformation présente depuis l'enfance (dysplasie de hanche), une nécrose de la tête fémorale, les séquelles d'une fracture ou d'un traumatisme sportif ancien, un conflit fémoro-acétabulaire non traité, ou parfois un rhumatisme inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde.

Vue rapprochée de trois quarts de la tête fémorale dans le cotyle, montrant une usure avancée et irrégulière du cartilage avec réduction de l'espace articulaire et ostéophytes périphériques.

L'articulation vue de près : cartilage usé et ostéophytes en périphérie.

La même hanche, vue en miroir, avec une prothèse totale : cupule métallique et insert dans le cotyle, tête prothétique, tige fémorale placée dans le fémur.

La même hanche avec une prothèse totale de hanche.

Reconnaître

Quels sont les symptômes et comment pose-t-on le diagnostic ?

Le symptôme principal est une douleur à l'aine, qui peut irradier vers la cuisse, la fesse, ou parfois jusqu'au genou. Elle survient d'abord à la marche prolongée ou à la station debout, puis peut apparaître aussi au repos ou la nuit dans les formes plus évoluées. S'y associe fréquemment une raideur articulaire, qui se traduit par une gêne pour mettre ses chaussures ou ses chaussettes, pour monter les escaliers, ou pour s'installer en voiture.

Le diagnostic repose sur l'interrogatoire, un examen clinique (douleur reproduite par la rotation ou la flexion de la hanche) et des radiographies debout, en général suffisantes pour confirmer l'arthrose et en apprécier le stade. Un scanner ou une IRM ne sont demandés qu'en cas de doute diagnostique ou pour rechercher une cause particulière. Le retentissement sur la vie quotidienne peut être précisé à l'aide de questionnaires validés, comme l'indice de Lequesne.

L'arthrose de la hanche, vue d'ensemble.

Vidéo en anglais, OrthoPedia. Le lecteur, hébergé par un service externe, ne se charge que si vous lancez la vidéo.

Traiter

Le traitement médical : la première étape

Avant d'envisager la chirurgie, un traitement médical est systématiquement proposé. Il comprend l'adaptation des activités douloureuses (sans pour autant arrêter toute activité physique), la lutte contre le surpoids, et une rééducation avec un physiothérapeute pour entretenir la mobilité et renforcer la musculature autour de la hanche. Des antalgiques simples comme le paracétamol sont utilisés en première ligne, avec parfois de courtes cures d'anti-inflammatoires lors des poussées douloureuses. L'application de chaleur peut soulager une hanche raide, tandis que le froid aide à calmer une poussée inflammatoire. Une canne, tenue du côté opposé à la hanche douloureuse, réduit sensiblement les contraintes sur l'articulation.

Des infiltrations (corticoïdes ou acide hyaluronique) sont parfois proposées, même si leur efficacité à la hanche est généralement moins nette qu'au genou ou à l'épaule. D'autres injections, comme le plasma riche en plaquettes (PRP), sont parfois évoquées mais restent à ce jour des traitements dont l'efficacité n'est pas clairement démontrée pour cette indication.

Décider

Quand envisager une prothèse de hanche ?

La mise en place d'une prothèse totale de hanche est discutée lorsque l'arthrose entraîne une douleur et une limitation des activités (marche, escaliers, activités sportives, voire habillage ou toilette) qui persistent malgré un traitement médical bien conduit.

Le moment de l'intervention appartient avant tout au patient, une fois qu'il a reçu une information claire sur les différentes options, leurs avantages et leurs inconvénients : il n'y a pas d'urgence à opérer une arthrose de hanche, si ce n'est votre propre tolérance à la douleur et à la gêne fonctionnelle.

Les options de traitement de l'arthrose de la hanche.

Vidéo en anglais, OrthoPedia. Le lecteur, hébergé par un service externe, ne se charge que si vous lancez la vidéo.

Opérer

En quoi consiste l'intervention ?

La prothèse totale de hanche consiste à remplacer les deux surfaces articulaires usées par des composants artificiels : une tige métallique insérée dans le fémur, surmontée d'une tête sphérique (en métal ou en céramique), qui s'articule dans une cupule fixée dans le cotyle, tapissée d'un insert en polyéthylène ou en céramique. Ces implants peuvent être fixés à l'os à l'aide de ciment chirurgical, ou sans ciment lorsque la qualité osseuse le permet, l'implant s'intégrant alors progressivement à l'os grâce à son revêtement de surface.

Plusieurs voies d'abord chirurgicales sont possibles pour accéder à la hanche et le choix de celle-ci dépend principalement des habitudes du chirurgien. L'intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachianesthésie, en concertation avec l'anesthésiste, et dure généralement entre une et deux heures. Une hospitalisation de quelques jours est habituellement nécessaire, suivie d'un retour à domicile ou, si besoin, d'un séjour en établissement de réadaptation.

Animation : la pose d'une prothèse totale de hanche.

Vidéo en anglais, OrthoPedia. Le lecteur, hébergé par un service externe, ne se charge que si vous lancez la vidéo.

Savoir

Les risques et complications possibles

Comme toute intervention chirurgicale, la pose d'une prothèse totale de hanche comporte des risques, qu'il est important de connaître :

  • Infection de la prothèse, rare mais sérieuse, nécessitant une reprise chirurgicale.
  • Luxation de la prothèse.
  • Phlébite et embolie pulmonaire, prévenues par un traitement anticoagulant pendant plusieurs semaines.
  • Inégalité de longueur des membres inférieurs, le plus souvent minime et bien tolérée.
  • Lésion nerveuse (nerf sciatique ou fémoral ou fémoro-cutané latéral), rare, pouvant occasionner une perte de sensibilité ou une faiblesse musculaire transitoire, mais parfois définitive.
  • Fracture osseuse en cours d'intervention ou dans les suites, en particulier chez les patients à l'os fragile.
  • Usure ou descellement de la prothèse à long terme, pouvant à terme nécessiter une reprise chirurgicale (changement de prothèse).

Cette liste n'est pas exhaustive. Lors de la consultation, nous prenons le temps d'aborder avec vous les bénéfices attendus, les alternatives et les risques spécifiques à votre situation.

Récupérer

La rééducation et le retour à la vie quotidienne

Le lever et la marche avec un moyen auxiliaire (cannes ou déambulateur) sont en général encouragés dès le jour de l'intervention. Selon la voie d'abord utilisée, certaines précautions posturales (éviter certaines rotations ou flexions extrêmes de la hanche) sont recommandées pendant les premières semaines afin de limiter le risque de luxation ; votre chirurgien et votre physiothérapeute vous les préciseront en détail.

La reprise de la conduite automobile et d'une activité professionnelle sédentaire est en général possible après quelques semaines, tandis qu'un travail physiquement exigeant demande un délai plus long. La marche sans canne est habituellement obtenue au bout d'un mois et la reprise d'activités sportives douces (natation, vélo, marche) s'envisage le plus souvent entre six semaines et trois mois, en fonction de votre récupération musculaire et de l'avis de votre chirurgien.

Résultats

Quels résultats attendre ?

La prothèse totale de hanche est l'une des interventions les plus fiables de la chirurgie orthopédique : la grande majorité des patients constatent une disparition ou une nette diminution de la douleur, ainsi qu'une amélioration importante de la mobilité et de la qualité de vie. Les implants actuels offrent une durée de vie généralement supérieure à 15-20 ans, ce qui permet dans la plupart des cas d'envisager cette intervention sans crainte d'une reprise chirurgicale à moyen terme, y compris chez des patients relativement jeunes.

Pour conclure

En résumé

L'arthrose de la hanche est une usure progressive et irréversible du cartilage articulaire, dont le traitement de première intention reste toujours médical (adaptation des activités, rééducation, antalgiques). Lorsque la douleur et la gêne fonctionnelle persistent malgré ces mesures, la prothèse totale de hanche offre, dans la grande majorité des cas, un excellent soulagement durable de la douleur et une récupération fonctionnelle très satisfaisante.

Chaque situation est unique. Si vous souffrez de douleurs de hanche persistantes, une consultation permettra d'évaluer précisément votre articulation et de discuter ensemble des options thérapeutiques les mieux adaptées à votre cas.

Cette page a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question sur votre situation personnelle, n'hésitez pas à prendre rendez-vous à notre cabinet à Lausanne.

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Dr Adrien D'Ambrosio
Chirurgie orthopédique - hanche & genou

Spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie. Consultations à Lausanne, Vevey et Glion sur Montreux.

Lieux de consultation

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