Accueil » Pathologies » Arthrose de la hanche (coxarthrose)
Vous souffrez de douleurs autour de la hanche depuis plusieurs mois, voire plusieurs années? Votre médecin ou rhumatologue vous a peut-être déjà parlé d'une arthrose de la hanche, aussi appelée coxarthrose. Cette page a pour but de vous expliquer, de façon claire et détaillée, en quoi consiste cette pathologie, comment la traiter, le déroulement d'une intervention et à quoi vous attendre pendant la convalescence.
La hanche est une énarthrose : la tête du fémur, sphérique, s'articule dans le cotyle (ou acétabulum), la partie concave du bassin. Ces deux surfaces sont recouvertes de cartilage, un revêtement lisse qui permet aux os de glisser l'un contre l'autre presque sans frottement. L'arthrose correspond à une usure progressive et irréversible de ce cartilage ; à un stade avancé, ce sont les surfaces osseuses elles-mêmes qui frottent l'une contre l'autre, ce qui génère la douleur. Cette usure s'aggrave au fil des années, à un rythme qui varie beaucoup d'une personne à l'autre.
Dans la majorité des cas, l'arthrose de la hanche est liée au vieillissement naturel du cartilage. Elle peut cependant être favorisée par une déformation présente depuis l'enfance (dysplasie de hanche), une nécrose de la tête fémorale, les séquelles d'une fracture ou d'un traumatisme sportif ancien, un conflit fémoro-acétabulaire non traité, ou parfois un rhumatisme inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde.
L'articulation vue de près : cartilage usé et ostéophytes en périphérie.
La même hanche avec une prothèse totale de hanche.
Le symptôme principal est une douleur à l'aine, qui peut irradier vers la cuisse, la fesse, ou parfois jusqu'au genou. Elle survient d'abord à la marche prolongée ou à la station debout, puis peut apparaître aussi au repos ou la nuit dans les formes plus évoluées. S'y associe fréquemment une raideur articulaire, qui se traduit par une gêne pour mettre ses chaussures ou ses chaussettes, pour monter les escaliers, ou pour s'installer en voiture.
Le diagnostic repose sur l'interrogatoire, un examen clinique (douleur reproduite par la rotation ou la flexion de la hanche) et des radiographies debout, en général suffisantes pour confirmer l'arthrose et en apprécier le stade. Un scanner ou une IRM ne sont demandés qu'en cas de doute diagnostique ou pour rechercher une cause particulière. Le retentissement sur la vie quotidienne peut être précisé à l'aide de questionnaires validés, comme l'indice de Lequesne.
Avant d'envisager la chirurgie, un traitement médical est systématiquement proposé. Il comprend l'adaptation des activités douloureuses (sans pour autant arrêter toute activité physique), la lutte contre le surpoids, et une rééducation avec un physiothérapeute pour entretenir la mobilité et renforcer la musculature autour de la hanche. Des antalgiques simples comme le paracétamol sont utilisés en première ligne, avec parfois de courtes cures d'anti-inflammatoires lors des poussées douloureuses. L'application de chaleur peut soulager une hanche raide, tandis que le froid aide à calmer une poussée inflammatoire. Une canne, tenue du côté opposé à la hanche douloureuse, réduit sensiblement les contraintes sur l'articulation.
Des infiltrations (corticoïdes ou acide hyaluronique) sont parfois proposées, même si leur efficacité à la hanche est généralement moins nette qu'au genou ou à l'épaule. D'autres injections, comme le plasma riche en plaquettes (PRP), sont parfois évoquées mais restent à ce jour des traitements dont l'efficacité n'est pas clairement démontrée pour cette indication.
La mise en place d'une prothèse totale de hanche est discutée lorsque l'arthrose entraîne une douleur et une limitation des activités (marche, escaliers, activités sportives, voire habillage ou toilette) qui persistent malgré un traitement médical bien conduit.
Le moment de l'intervention appartient avant tout au patient, une fois qu'il a reçu une information claire sur les différentes options, leurs avantages et leurs inconvénients : il n'y a pas d'urgence à opérer une arthrose de hanche, si ce n'est votre propre tolérance à la douleur et à la gêne fonctionnelle.
La prothèse totale de hanche consiste à remplacer les deux surfaces articulaires usées par des composants artificiels : une tige métallique insérée dans le fémur, surmontée d'une tête sphérique (en métal ou en céramique), qui s'articule dans une cupule fixée dans le cotyle, tapissée d'un insert en polyéthylène ou en céramique. Ces implants peuvent être fixés à l'os à l'aide de ciment chirurgical, ou sans ciment lorsque la qualité osseuse le permet, l'implant s'intégrant alors progressivement à l'os grâce à son revêtement de surface.
Plusieurs voies d'abord chirurgicales sont possibles pour accéder à la hanche et le choix de celle-ci dépend principalement des habitudes du chirurgien. L'intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachianesthésie, en concertation avec l'anesthésiste, et dure généralement entre une et deux heures. Une hospitalisation de quelques jours est habituellement nécessaire, suivie d'un retour à domicile ou, si besoin, d'un séjour en établissement de réadaptation.
Comme toute intervention chirurgicale, la pose d'une prothèse totale de hanche comporte des risques, qu'il est important de connaître :
Cette liste n'est pas exhaustive. Lors de la consultation, nous prenons le temps d'aborder avec vous les bénéfices attendus, les alternatives et les risques spécifiques à votre situation.
Le lever et la marche avec un moyen auxiliaire (cannes ou déambulateur) sont en général encouragés dès le jour de l'intervention. Selon la voie d'abord utilisée, certaines précautions posturales (éviter certaines rotations ou flexions extrêmes de la hanche) sont recommandées pendant les premières semaines afin de limiter le risque de luxation ; votre chirurgien et votre physiothérapeute vous les préciseront en détail.
La reprise de la conduite automobile et d'une activité professionnelle sédentaire est en général possible après quelques semaines, tandis qu'un travail physiquement exigeant demande un délai plus long. La marche sans canne est habituellement obtenue au bout d'un mois et la reprise d'activités sportives douces (natation, vélo, marche) s'envisage le plus souvent entre six semaines et trois mois, en fonction de votre récupération musculaire et de l'avis de votre chirurgien.
La prothèse totale de hanche est l'une des interventions les plus fiables de la chirurgie orthopédique : la grande majorité des patients constatent une disparition ou une nette diminution de la douleur, ainsi qu'une amélioration importante de la mobilité et de la qualité de vie. Les implants actuels offrent une durée de vie généralement supérieure à 15-20 ans, ce qui permet dans la plupart des cas d'envisager cette intervention sans crainte d'une reprise chirurgicale à moyen terme, y compris chez des patients relativement jeunes.
L'arthrose de la hanche est une usure progressive et irréversible du cartilage articulaire, dont le traitement de première intention reste toujours médical (adaptation des activités, rééducation, antalgiques). Lorsque la douleur et la gêne fonctionnelle persistent malgré ces mesures, la prothèse totale de hanche offre, dans la grande majorité des cas, un excellent soulagement durable de la douleur et une récupération fonctionnelle très satisfaisante.
Chaque situation est unique. Si vous souffrez de douleurs de hanche persistantes, une consultation permettra d'évaluer précisément votre articulation et de discuter ensemble des options thérapeutiques les mieux adaptées à votre cas.
Cette page a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question sur votre situation personnelle, n'hésitez pas à prendre rendez-vous à notre cabinet à Lausanne.
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